Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16 juillet 2015

L'impasse sans le Grexit

L'agreekment de ce week-end peut se résumer en un simple constat : pour la crédibilité de la zone euro, l'éclatement de Syriza est préférable à celui de la CDU. Tout le reste n'est que littérature.

On pensait que le sujet à traiter était économique, alors qu'il n'était que politique.

Sur le premier plan, l'accord n'a rien de rationnel : on s'entête à poursuivre des méthodes qui ne marchent pas, enrobant les nécessaires mesures structurelles (dérégulations des professions protégées, recul de l'âge de départ à la retraite, accroissement de l'efficacité de l'administration dans la chasse à la corruption) de mesures récessives qui amputeront encore un peu plus la demande interne en appauvrissant la population. En évitant bien entendu d'aborder le sujet central de la restructuration de la dette.

Sur le second plan, en revanche, l'accord est absolument rationnel. Un bras de fer a été engagé par le gouvernement grec. Il a présumé de ses forces et de ses soutiens à la Table, et s'est auto-contraint par un référendum vide de sens. En posant comme principe l'impossibilité du Grexit, il n'y avait pas d'accord qui puisse être adopté sans faire tomber au moins un gouvernement - ou faire éclater une majorité parlementaire - en Europe (la fois précédente, en 2012, c'est le gouvernement slovaque qui avait sauté). La très large majorité a visiblement pensé qu'il fallait mieux déstabiliser la démocratie grecque plutôt que la démocratie allemande. Dans le cadre institutionnel actuel, c'est à n'en pas douter le raisonnement le plus rationnel qu'il soit.

Et tant que l'on restera dans ce cadre-là, il est fort à parier qu'on ne sortira pas de l'impasse - avec ou sans Grexit.

00:27 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0)