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16 juin 2008

Esbjörn Svensson (1964-2008)

Le pianiste suédois est mort ce week-end des suites d'un accident de plongée près de Stockholm. Il n'avait que quarante-quatre ans. Son Esbjörn Svensson Trio, devenu célèbre sous le simple acronyme E.S.T., était l'un des groupes de jazz les plus populaires de ces dernières années, mêlant mélodies puissamment pop, rythmes à l'écoute des musiques électroniques, et sens narratif particulièrement évocateur. Son public dépassait largement le petit cercle des habitués. De quoi s'attirer, évidemment, quelques critiques (tous ces disques n'étaient pas également convaincants, il est vrai), mais tout en maintenant, me semble-t-il, un réel attrait auprès des jazzfans purs et durs. Je l'avais vu à la Cité de la Musique en 2003, et il m'en reste les images d'une ambiance de rockstar, adulé par un public conquis et démonstratif. Des mélodies accrocheuses étendues le long de morceaux aux variations rythmiques constantes, des montées en tension extactiques alternant avec des decrescendos sensibles. Une formule ? Sans doute un peu, mais aussi du plaisir simple, direct et contagieux. 

Pour s'en convaincre, le tubesque Behind the Yashmak lors d'un concert à Juan-les-Pins en 2003, extrait de l'un des meilleurs disques du groupe à mon sens, Strange place for snow (Act, 2002). La fin abrupte, comme le refus d'un plaisir trop évident, n'est pas la moindre des réussites de ce morceau.

Commentaires

Une grande perte pour le jazz du 21ème siècle et une bien mauvaise nouvelle ce matin ...

La musique d'Esbjörn Svensson était ce qu'elle était, mais elle n'en deumeurait pas moins très novatrice dans la forme.
Ce son E.T.S qui a fait le succès du trio, celui de ces denrnières années, le coté pop et électronique, il n'en avait pas besoin pour être reconnu à sa juste valeur, car déjà, lors de leur premier album, enregistré en 93, "When everyone has gone", on avait à faire à un trio de premier ordre, un trio qui cassait la barraque.

Merci pour ton hommage Damien

Ecrit par : Z | 17 juin 2008

Bonsoir,

Peu convaincu par EST lors d'un précédant essai, j'apprécie beaucoup "Strange Place for Snow" Dis moi, aurais-tu d'autres bons conseils pour célébrer cette mort ?

Merci

Ecrit par : Eric Lauriac | 17 juin 2008

Bah oui ! les conséquences de cet accident sont bien tritounettes : un leader et un groupe stoppés net... j'attendais encore plus de ce groupe qui à mon avis n'avait pas encore tout donné et qui pouvait largement évoluer et progresser... et en plus il étaient indéniablement très soutenus depuis 2oo2 par un public plus large que le cercle des aficionados jazzeux...

Souvenir du New Morning en mai 2oo2 (archi comble) et du Parc Floral de juillet 2oo7 (accès aux places en quasi bagarre...).

Ecrit par : ptilou | 18 juin 2008

@ Eric :

Salut !

J'avais bien aimé également "Good Morning Susie Soho" (2000) par lequel j'ai découvert le trio. Ceux postérieurs à "Strange Place for Snow" ne m'ont pas emballé en revanche, et je ne connais pas les plus anciens.

Ecrit par : Damien | 19 juin 2008

Il y a également de très bonnes choses dans les albums antérieurs.
Notamment l'album From Gagarin's point of view (1999), qui contient entre autres le superbe solo de piano de The Return Of Mohammed (très bien suivi par la rythmique) ou la ballade From Gagarin's Point Of View

Je vous conseille aussi leur DVD. Le concert et le son sont énormes. ça démarre normalement puis après un moment improvisé où l'on sent bien qu'ils se font plaisir et se sentent bien, le concert tourne en quelque chose d'assez exceptionnel, pour un final intense (le Bemsha Swing du rappel par exemple). Par contre côté vidéo c'est assez déroutant je dois dire... j'aime pas trop le style du montage.

Et puis de même le dernier CD, live à Hambourg, très bon concert, à acheter les yeux fermés !

Ecrit par : Pierre | 20 juin 2008

Eric à Madness et Pierre salut,

Merci beaucoup de vos conseils, je vais les suivre, tous ou en partie.
Dire que j'ai grandi dans une maison ou tout le monde massacrait "Lettre à Elise" du matin au soir. Je vais finir par aimer le piano. Il ne me reste plus qu'a vaincre mon deuxième traumatisme d'enfance: Depeche Mode. Je suis pas pressé.

Ecrit par : Eric Lauriac | 20 juin 2008

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