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03 février 2008

Réélection de Tadic et Kosovo

Les premiers sondages à la sortie des urnes en Serbie donnent la victoire au président sortant, le démocrate Boris Tadic, face au nationaliste Tomislav Nikolic (51% contre 49%, ce qui demande donc encore confirmation). Cette bonne nouvelle met les Européens dans une posture délicate et face à leurs responsabilités. Le scénario d'une victoire de Nikolic avait en effet l'avantage de la simplicité en permettant de reporter la faute sur les électeurs serbes et de reconnaître rapidement l'indépendance du Kosovo, en abandonnant la Serbie à ses démons. La victoire de Tadic, partisan de l'intégration européenne de son pays mais, comme l'ensemble de la classe politique serbe, hostile à l'indépendance de la province du sud oblige les Etats membres de l'UE à clarifier leur position. Faut-il, comme le préconise la présidence slovène de l'UE, privilégier la situation politique particulière actuelle et accélérer l'arrimage de la Serbie à l'UE, ou au contraire maintenir fermement les règles édictées pour l'ensemble des ex-pays yougoslaves, à savoir la coopération avec le TPIY comme préalable, comme l'entendent les Pays-Bas et la Belgique ? Faut-il profiter du fait qu'un pays issu de la Yougoslavie préside actuellement l'Union pour aller vers la reconnaissance rapide de l'indépendance du Kosovo (combinée à une perspective ferme d'adhésion donc) ou au contraire continuer de jouer la montre pour ne pas contrarier Chypre ou l'Espagne (en attendant notamment les élections générales début mars pour cette dernière) ? Ces questions, et quelques autres, étaient au coeur du café européen de janvier organisé par Nouvelle Europe la semaine dernière à l'ambassade de Slovénie. On retrouvera un compte-rendu des débats ici, avec notamment les intéressantes explications de Jean-Arnault Dérens, le rédacteur en chef du Courrier des Balkans, sur le sujet plus particulier du Kosovo. Un sujet qui pourrait bien être au coeur de la prochaine présidence française de l'Union.

Commentaires

Il est cependant assez curieux de voir la lointaine europe interférer avec l'aspiration à l'auto-détermination des hommes. A croire que tous les débats menés sur l'europe des régions de 1993 à 1999 étaient vains. Je me demande comment la chose est perçue : en Flandre, en Catalogne, au pays basque, en Corse.

N'est-il pas extraordinairement étonnant de voir ceux qui défendent une conception para-etatique de la construction européenne accuser leurs opposants de nationalisme ?

Ecrit par : Gus | 04 février 2008

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