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01 mai 2007

Cohérences

La sortie des idéologies et le règne du "pragmatisme" comme valeur politique cardinale sont devenus des repères tellement évidents de l'analyse politique depuis la chute du mur de Berlin qu'il est tentant de les appliquer à l'actuelle campagne : triangulation, propositions catégorielles, recherche de synthèses dynamiques, etc. Tous les ingrédients sont effectivement réunis. Pourtant, il me semble qu'avec une telle approche on manque l'existence de véritables cohérences idéologiques aussi bien chez Ségolène Royal que chez Nicolas Sarkozy. La difficulté tient au fait que l'une comme l'autre ne s'inscrivent pas dans les traditions récentes de leurs camps respectifs. Ségolène Royal n'est ni socialiste, ni social-démocrate. Nicolas Sarkozy n'est ni gaulliste, ni libéral. Tentons ici de prendre un peu de recul avant le second tour pour esquisser, rapidement, les grands traits de ces cohérences.

Honneur aux femmes, je commencerai par Ségolène Royal. Ni socialiste, ni social-démocrate, elle me semble plutôt l'héritière du christianisme social. Son discours est imprégné de valeurs qu'on croirait directement issues de l'encyclique Rerum Novarum et de la doctrine sociale de l'Eglise : ordre juste, principe de participation, subsidiarité... Son refrain bien connu sur l'ordre juste rompt ainsi fortement avec la tradition socialiste, et même social-démocrate, qui met l'accent sur l'existence de rapports de forces sociaux, pour s'aventurer sur les terres de la démocratie chrétienne et de l'ordolibéralisme allemand : la justice sociale est un élément essentiel d'une "économie sociale de marché", non plus en tant que but mais comme moyen d'assurer le bon ordre de la société. Chacun doit trouver sa place... et y rester. Le désordre nait, dans cette optique, de l'existence d'antagonismes sociaux qui perturbent le fonctionnement quasi "naturel" de la société. D'où la thématique de l'apaisement, bien loin du socialisme de luttes et de revendications qui irrigue encore largement la pensée de gauche en France.

L'insistance sur l'organisation de la société civile de manière autonome par rapport à l'Etat est aussi au coeur de cette idéologie. Les principes de subsidiarité, de participation et d'association sont trois des dix principes explicitement désignés dans la doctrine sociale de l'Eglise. On peut y retrouver ici des liens avec la pensée de la deuxième gauche (dans son livre d'entretiens avec Georges-Marc Benamou, Rocard insiste d'ailleurs sur la rencontre du catholicisme et de la gauche comme l'un de ses apports principaux). La volonté de Ségolène Royal de voir émerger des corps intermédiaires forts, qu'ils soient territoriaux ou syndicaux, ou son insistance assez nouvelle à gauche sur le rôle de la famille, témoignent là aussi d'une imprégnation de longue date de cette culture politique assez souterraine en France (mais n'a-t-elle pas commencé sa carrière dans les clubs Témoin de Delors, seule réelle incarnation récente de ce courant de pensée ?).

Dernier point particulier de l'idéologie "royaliste" : le changement de curseur entre démocratie et social. Dans une perspective social-démocrate traditionnelle, la démocratie est un moyen d'atteindre un objectif de transformation sociale. L'objectif final reste commun à l'ensemble des forces de gauche, seul les moyens d'y arriver diffèrent : révolutionnaires pour les uns, réformistes et donc démocratiques pour les autres. Ségolène Royal semble renverser les priorités : la démocratie devient le but, le social le moyen éventuel d'y parvenir. Cela rejoint la vision ordolibérale évoquée plus haut. Son discours au cours de la campagne aura ainsi bien plus souvent mis l'accent sur les questions de méthode et de moyens de la réforme que sur le contenu des réformes, à l'exact inverse du discours de Nicolas Sarkozy (j'y reviens plus bas). L'Etat semble avoir un rôle moins volontariste. Il s'assure du bon ordonnancement des choses, mais laisse une large place au dialogue social, à l'action territoriale et à la démocratie directe. Une véritable révolution copernicienne pour la gauche française.

Ni gaulliste, ni libéral, Nicolas Sarkozy trouve lui sa cohérence idéologique dans une tentative de raccorder la droite d'aujourd'hui à l'histoire longue de la droite. Sa volonté de faire exister une droite décomplexée, son discours contre-révolutionnaire récent, et l'importance qu'il accorde à la question nationale (jusqu'à saluer Barrès en ouverture d'un récent discours à Metz) témoignent d'une nécessité de sortir la droite de l'après-guerre et de retrouver des sentiments mis un peu en sourdine depuis 1945. Mais, est-ce réellement l'idéologie de Nicolas Sarkozy, ou n'est-il qu'un réceptacle des pensées d'Henri Guaino ? J'aurai tendance à pencher pour la deuxième option, ce qui me fait dire que Sarkozy n'est pas le danger volontiers dépeint à gauche mais plutôt l'héritier de Chirac capable de tenir n'importe quel discours pourvu qu'il lui apporte des voix. Mais puisqu'il a choisi d'habiter ce discours "guainiste", on fera comme s'il était le reflet de sa véritable pensée.

Le dénominateur commun de tous les discours sarkozystes, c'est la volonté de cliver, de jouer sur des oppositions binaires et de placer ses électeurs potentiels dans le camp de la "majorité silencieuse". Comme pour Ségolène Royal, il me semble que son discours provient d'une analyse scrupuleuse du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005 : la candidate de gauche en a tiré la conclusion qu'il fallait déboucher sur une société plus inclusive (pour reprendre une terminologie blairiste), qui ne laisse plus le sentiment à ladite majorité d'être silencieuse ; le candidat de droite a lui cherché à adopter les aspirations de cette majorité dans une optique plus révolutionnaire de renversement des rapports de force. Etonnant retournement, qui voit la candidate de gauche se fondre dans des aspirations très orléanistes, et le candidat de droite récupérer une part de l'héritage frondeur des orphelins du communisme. Et ce d'autant plus qu'en 2005, les sympathisants de l'UMP ont voté à 80% pour le "oui", alors qu'au sein de la gauche le "non" était majoritaire.

La volonté de liquider Mai 68 affichée par Nicolas Sarkozy depuis dimanche est à relier à cette volonté. Il s'agit non seulement de s'opposer à la complexité de la société en retrouvant des clivages binaires bien identifiables (le beau et le laid, le vrai et le faux, etc.), mais aussi, et surtout, de sortir la droite de son complexe par rapport à la deuxième gauche. Mai 68, c'est en effet le moment de cristallisation du déchirement des deux gauches : la revendication de transformation sociale échappe au Parti Communiste et la critique du totalitarisme s'instille progressivement dans la culture de gauche. Moment symbolique de transformations sociales qui auraient eu lieu de toute manière, mais aussi moment de transformation idéologique de la gauche, et début de la domination sans partage du débat par la gauche. Des années 70 jusqu'à récemment, le débat politique en France s'est organisé autour de l'opposition des deux cultures. La droite n'a plus eu qu'à s'aligner sur ce débat, sans réussir à retrouver une véritable autonomie de discours. Fascinée par la deuxième gauche, la droite de gouvernement a profondément divorcée de la droite idéologique qui ne vivait plus que chez quelques intellectuels vus comme réactionnaires (et pas seulement par la gauche). La volonté d'Henri Guaino me semble aujourd'hui de retrouver une certaine unité à la droite, en réinvestissant les thèmes traditionnelles de la droite depuis le XIXe siècle (mis en sourdine depuis 1945, et plus encore 1968 donc) : la nation, l'effort, la morale, voire une certaine dose de déterminisme. Il s'agit de sortir les électeurs de droite d'une certaine frustration, en exprimant à nouveau de manière claire et explicite des sentiments conservateurs qui n'avaient évidemment pas disparu du tissu populaire.

Le rapport à l'histoire des deux candidats est là aussi assez instructif. Ségolène Royal, contrairement à une certaine tradition de gauche, n'agite pas de figures-totems, et paraît situer son discours et la société qu'elle appelle de ses voeux uniquement dans le temps présent. Nicolas Sarkozy ne manque au contraire pas une occasion de citer de grandes figures de l'histoire de France en fonction des régions qu'il visite. Même des figures de gauche comme Jaurès ou Blum sont convoquées (ce qui ne l'empêche pas de décalquer les critiques contre les 40h du Front Populaire). J'y vois un autre exemple de cette volonté de revigorer le discours de la droite traditionnelle : la nation comme "possession en commun d'un antique cimetière" (Barrès).

Le rôle de l'Etat chez Sarkozy a lui aussi plus à voir avec de vieilles traditions françaises qu'avec le libéralisme adoptée ailleurs par les forces de droite. Il s'agit d'imposer par sa puissance la volonté populaire qui se sera cristallisée au moment de l'élection. L'identification entre le président-chef et l'action publique a un côté quasi bonapartiste : l'élection est perçue comme un plébiscite sur les réformes annoncées par Nicolas Sarkozy. C'est en substance ce qu'expliquait hier soir Valérie Pécresse dans Mots Croisés : les réformes seront appliquées parce qu'elles ont été annoncées, même si les corps intermédiaires s'y opposent. Conception diamétralement opposée à celle de Ségolène Royal. La démocratie n'est pas un mode d'organisation de la société, qui doit vivre de manière continue au sein de la société civile, mais un processus de choix d'options politiques à certaines périodes données. La méthode importe bien moins que le résultat chez Sarkozy. Cette absence de réflexion sur l'espace qui existe entre l'Etat et le peuple (perception très jacobine des choses) se retrouve d'ailleurs dans le leitmotiv préféré du candidat de l'UMP : "travailler plus pour gagner plus" qui occulte complètement la réalité des rapports de forces sociaux au sein des entreprises et les marges de manoeuvre et de liberté respectives des salariés et du patronat.

Deux conceptions assez radicalement antagonistes de l'exercice du pouvoir s'affronteront donc dimanche dans les urnes. Bien sûr, ces éléments idéologiques sont complétés par des éléments plus traditionnels des deux camps et par des logiques plus en phases avec l'ère post-idéologique, mais le choix est bien réel. Evidemment, le mien n'a pas changé par rapport au premier tour.

Commentaires

Très belle analyse.

Bien vu sur le coté "catho de gauche" de Ségolène Royal, même si elle ne se limite pas à cela. Le seul problème est de savoir si une majorité parlementaire et de gouvernement appliquera ce programme. J'en doute, la gauche française étant encore trop ancrée sur ses vieilles luttes idéologiques.

Sur Sarkozy, on peut être rassuré, Gaino ne fera qu'un temps, peut-être très court. Ce ne sont pas forcement les mêmes hommes dont on a besloin pour gagner et pour gouverner.

Écrit par : authueil | 01 mai 2007

Analyse très intéressante, sûrement même la plus intéressante que j'ai eu l'occasion de lire depuis quelques temps sur ces deux candidats.
Bravo.

Écrit par : odanel | 01 mai 2007

C'est un billet qui change de la production usuelle, en bien.

Je n'ai pas vraiment l'impression que Sarkozy se comporte différemment que le chef du Labour ou des Conservateurs qui se fait élire non sur une méthode, mais sur un manifeste que personne ensuite ne lui conteste le droit de mettre en oeuvre.

Qu'il réhabilite une idéologie de droite est plutôt une bonne chose, apres tout si il y a une demande, il faut qu'il y ait une offre adaptée. L'offre politique dans ce pays n'a su, ni a droite, ni a gauche, s'adapter a la demande ce qui a conduit a ce phénomène de "chacun son tour" avec au cas ou ils n'auraient pas compris, cette claque électorale mémorable du TCE alors que pour une fois la Droite et la Gauche soutenait le meme projet.

La Droite s'adapte, il faudra que la Gauche le fasse, elle n'aura pas plus de choix que le Labour des années 80.

Sur la méthode de Sarkozy, il me semble que a ce stade ou apres 25 ans d'immobilisme, de ni-ni, de reculades afin soi disant de ne pas déchirer le tissus social, il faut rendre optimisme a la collectivité en obtenant quelques resultats rapides.

La seule facon de débloquer les résistances corporatiste, consiste effectivement a définir publiquement les objectifs a atteindre et d'imposer une obligation de résultat aux partenaires sociaux. Sinon ils leurs seront imposés.

Nous n'avons pas le temps de reconstruire des corps intermédiaires dignes de ce nom et d'entamer des conférences en tout genre, il faut des résultats et vite. Le temps du wishy washy comme disent les anglais est passé.

Écrit par : Merlin | 01 mai 2007

Merci de cette analyse.
En effet, la question de la manière de l'exercice du pouvoir est au centre de notre choix de dimanche.

Écrit par : Emmanuel V | 02 mai 2007

Oui, votre analyse change du reste et inspire d'autres images.

Votre référence au christianisme social chez Ségo, et à une conception d'une droite mystique de combat chez Sarko m'amènent à l'idée de sacrifice , commune aux deux .

Comme si Ségo voulait se sacrifier presque corporellement en se fondant litteralement dans le peuple. Une sorte de fusion, liquéfaction . Une martyre en blanc. Une grande communion - dilution où Ségo s'offre comme une hostie. Blanche. Figure lisse et monocorde. Madone. Icône mate. Grenouille pattes maladroitement ouvertes, prête à la dissection .Un grand Tout cotonneux où l'on se perd (tiens moi bien fort aussi par la main) où l'on s'oublie. Evanescence. Prenez et mangez ceci est le corps de la France Présidente . Sacrifice par sublimation disparition transfiguration. L'extase. Collective.

Comme si Sarko voulait également se sacrifier physiquement, être un bourreau nécéssaire du mal dont il va nous sauver . Il ne s'offre pas -n'ayant rien à donner qu'un obscur égo maladif-, il s'immole , il brûle du feu de tout son camp , se consume comme un buisson ardent pour le grand Tout. Un concentrateur nucléaire . Noir. Lunettes noires et sourire d'enfant. Un porteur magnifique contaminé de toutes les maladies qu'il va éradiquer .Grand absorbeur. Un judas maléfique et purifié sur le corps duquel s'inscrivent les signes visibles du miracle et de la révélation : sueur, tics, convultions, agitations perpétuelles , possessions. Stigmates visibles du don de lui-même aux siens et au Tout. Sacrifice par fusion totale . Clan. Rédemption .

Le pain blanc et nourricier. Le vin sombre à l'alcool purificateur.

Fumeux.

Écrit par : Oppossum | 02 mai 2007

bonjour,

intéressantes analyses, notamment le côté non libéral de Sarkozy mais plutôt dans la tradition de l'économisme autoritaire. Sur mon billet, un internaute a vu une ressemblance avec Turgot quant à moi, je n'hésite pas à parler de national-capitalisme en élargissant la doctrine Sarkozy à ce qui se passe comme mise en concurrence des nations dans le monde

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=23595

Écrit par : Fulcanelli | 02 mai 2007

Je découvre votre blog à l'occasion de ce post, permettez moi de vous dire toute mon admiration pour une telle analyse.

C'est en mot bien pensés ce que j'avais déviné de leur positionnement respectif, sans avoir le recul historique que vous avez.

Effectivement chez rocard apparait cette importance de la rencontre avec le catholicisme mais je ne me souviens pas qu'il en tire des conclusions plutot favorable, je m'en vais le relire.

Merci.

Écrit par : frednetick | 02 mai 2007

On aurait espéré voir une telle analyse dans la presse…

Écrit par : Humbert Humbert | 02 mai 2007

Je m'étais fait la même réflexion concernant le "christianisme social" de Royal. Etant issue moi-même d'une famille de cathos de gauche -ce que certains de mes amis "gauchistes" ont tendance à trouver complètement antinomique- c'est exactement ce que j'ai retrouvé dans le discours de Ségolène Royal. Habituée des messes du dimanche matin, je suis régulièrement frappée d'entendre dans sa bouche des paroles qui me paraissent sorties d'une église, le summum étant apparu hier dans son discours au stade Charléty "aimez vous les uns les autres". On y était.
Et je n'ai pas honte de dire non plus, même si je semble m'en moquer, que c'est "aussi" ce qui m'enthousiasme dans son discours. Réaffirmer des valeurs que la droite croit siennes , mais avec l'accent sur la solidarité exigée par la gauche, c'est nouveau. Là où j'aurais accusé d'autres de râtisser large, elle semble simplement prendre en compte toutes les composantes de la société pour en faire un tout cohérent et -elle le dit- harmonieux.

Écrit par : L'intello du dessous | 02 mai 2007

Bien vu.

J'ai trouvé Sarkozy très jacobin et dirigiste, à la Juppé.

Écrit par : pas perdus | 03 mai 2007

Je ne vais pas en rajouté trop, mais c'est vraiment très bon...

Commentaire peu constructif, certes !

Écrit par : Eviv Bulgroz | 03 mai 2007

bravo
belle analyse qui mériterait d'être présentée à C dans l'air, émission la plus pertinente en terme d'analyses pour grand public. Si on retrouve l'éducation qu'elle a reçue pour Mme Royal, comme source potentielle de son inspiration (catho de gauche), on peut se demander ce qui explique le "comportement" actuel de Mr Sarkosi : Il me parait injuste de dire que Mr Sarkosi ne croit pas en ce qu'il dit et n'est pas sincere en présentant ses théories, mais son coté avocat pourrait lui avoir appris à défendre des causes sans avoir besoin d'y croire, heureusement pour nous, il ne semble pas aussi hysterique que Jacques Chirac et pourrait être un anxieux perfectionniste comme le laisse supposer sa migraine occasionnelle. Pour le contenu, je crois qu'il a fait une somme personnelle et a dû s'approprier les thêmes conservateurs anciens et actuels et en particuler celui des neo cons américains, actuellement en déconfiture mais qui ont été triomphants au moment où il mettait au point sa stratégie. D'ailleurs Mr Sarkosi est de fait suspecté de pouvoir avoir une pratique violente et sectaire du pouvoir, tout comme les neo cons. Paradoxe de voir triomphant chez nous le passé proche US, mais ne dit on pas que les modes américaines arrivent ici avec 10 ans de retard ?

Écrit par : alain montmayeur | 05 mai 2007

"Sarkozy ne manque pas une occasion de citer de grandes figures de l'histoire de France en fonction des régions qu'il visite. (...) cette volonté de revigorer le discours de la droite traditionnelle : la nation comme "possession en commun d'un antique cimetière" ...

Ce qui (même si effectivement on est jamais bien sûr de qui parle, Guaino ou lui) va pas, on le sait, sans dérapage:

http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/2007/05/04/campagne-2007-quand-sarko-derape%e2%80%a6-et-nos-journalistes-demissionnent/

Mais, comme l'a dit quelqu'un, il faut pas non plus oublier la conjoncture (la quasi paralysie du système après 12 ans d'immobilisme) et le pragmatisme certain du monsieur, un peu comme le républicain antiétatiste Bush qui, pour atteindre ses objectifs (11/9 oblige,) en est arrivé à une pratique finalement très étatiste ...

Voir:

"C’est le changement qui nous protégera, c’est l’immobilisme qui est destructeur." Nicolas Sarkozy

http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/2007/05/06/2e-tour-un-contre-modele-social-quaucun-pays-au-monde-ne-tente-de-copier-welcome-to-segoland/

Sans compter que, comme le montre Dupin, Sarko est bien au-delà du pur opportunisme chirakien:

"Chirac, remarque encore Sarkozy, « croit davantage à la qualité des hommes qu’à la force des projets ». Un trait qu’il partageait avec François Mitterrand. Le candidat de l’UMP, lui, parie sur la « modernité des idées ». Sans être le moins du monde un idéologue, il croit à la force d’entraînement des propositions. Leur rapport à la politique est également opposé. Bête de campagne, Chirac aime surtout la conquête du pouvoir. Comme Mitterrand, son exercice l’ennuie un peu. Si Sarkozy apprécie l’odeur de poudre des campagnes électorales, son activisme se déploie pleinement dans la décision politique.

« La raison du pouvoir est d’agir, pas de durer », avertit encore le candidat de l’UMP en contrepoint à l’attitude du chef de l’Etat sortant. On aurait peut-être tort de ne pas le prendre au sérieux lorsqu’il assure : « Ce qui m’intéresse est la modernisation de notre pays ». Et s’il nourrissait réellement le projet de changer la France ? « Nous n’avons pas bâclé notre programme pour la simple et très bonne raison que nous voulons l’appliquer », prévient François Fillon.

http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/2007/05/06/2e-tour-c%e2%80%99est-l%e2%80%99immobilisme-qui-est-destructeur-hard-to-the-right/

Écrit par : jc durbant | 06 mai 2007

Mais finalement pourquoi faudrait-il choisir entre pragmatiques pilleurs de tombes idéologiques et idéologues à la Barrès?

Écrit par : jcd | 06 mai 2007

C'est gênant d'être le 60ème à l'écrire, mais il est excellent, ce billet ! bravo !

Écrit par : FrédéricLN | 08 mai 2007

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