18 avril 2007

Abdullah Ibrahim à la Cité de la Musique

Le pianiste Sud-Africain se produisait hier soir en solo dans la belle salle de la Villette. Grande générosité musicale (deux longues suites d'une heure chacune plus un rappel fourni) et sens de l'espace, du temps et de la respiration allaient de paire. La maîtrise de la lenteur, du silence et des harmonies majestueuses, donnaient un caractère particulièrement spirituel à ses compositions, enchaînées les unes aux autres. Quand la main gauche entamait les changements d'harmonies, signes d'un passage de témoin d'un morceaux à l'autre, la main droite poursuivait les variations autour de la mélodie initiale. Eternels retours, notamment du délicieusement mélancolique Blue Bolero, au cours des plus de deux heures de concert. Citations également, en forme de clin d'oeil à Monk, de source constamment renouvellée à la fontaine de jouvence du Duke. Mélodies populaires du pays zoulou, qui chantent l'espoir et respirent la paix retrouvée, comme une aube naissante sur les grandes étendues majestueuses de l'Afrique australe. Tourbillons au ralenti dans ce jeu aux multiples miroirs et reflets à la teinte décidément très bleue. L'esprit se perd, se retrouve soudainement en un lieu familier, voyage. Pour finir apaisé, convaincu d'avoir touché du doigt ce que les sages appellent la sérénité.

Dans la radioblog, j'ai ajouté quatre morceaux d'Abdullah Ibrahim / Dollar Brand (son nom avant sa conversation à l'Islam) : des duos avec le contrebassiste Johnny Dyani, et les saxophonistes Gato Barbieri et Archie Shepp, ainsi qu'une interprétation en trio du fameux Blue Bolero

Lionel Eskenazi, de Jazzman, dresse un constat assez proche du mien. Et Vibrations a interviewé le pianiste la veille de son concert.

22:44 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz

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