09 avril 2007
Le Prince de Bois, Salle Pleyel
Assisté la semaine dernière (jeudi) à l'interprétation du Prince de Bois de Bartok par l'Orchestre de Paris dirigé par David Zinman, le directeur musical de la Tonhalle de Zurich. Ca se passait à Pleyel, bien entendu. Et comme la salle était à moitiée vide, j'en ai profité pour tester les places derrière l'orchestre, au dernier rang pour être un peu surélevé par rapport aux musiciens et pouvoir ainsi suivre les vagues sonores sans avoir à mimer un spectateur de Roland Garros. Une pièce de Bartok est idéale pour un tel essai, avec le son qui semble se mouvoir comme une marée, avec un flux puissant, presqu'enivrant à certains moments, mais aussi des explosions sonores d'une précision que les militaires diraient chirurgicale. L'orchestre brillait de mille feux sous la conduite sèche, sans effets excessifs, de Zinman. Pièce composée pendant la première guerre mondiale, soit entre Barbe Bleue et Le Mandarin merveilleux, Le Prince de Bois s'inscrit dans la lignée de ces deux oeuvres majeures du répertoire bartokien, se déployant pendant près d'une heure dans un langage dont la richesse des effets et des timbres allie diversité et identité.
Auparavant, l'orchestre avait donné, avec Yefim Bronfman comme soliste, une version très (trop ?) froide du vingt-quatrième concerto pour piano de Mozart. J'aime a priori assez le parti pris anti-expressionniste adapté à une telle oeuvre, histoire d'en mettre à nu toute la "beauté mécanique", loin d'une interprétation par trop romantique, mais là c'était poussé à un point peut-être trop extrême. On finit par s'ennuyer quelque peu devant si peu d'incarnation.
Je n'ai aucune des deux oeuvres à disposition dans ma cédéthèque, mais je vous ai quand même ajouté quelques petites choses dans la radioblog : la première des quatre pièces pour orchestre composées par Bartok en 1912, c'est à dire entre Barbe Bleue et Le Prince de Bois, et une variation de Uri Caine autour du quatrième mouvement du quintette pour clarinette en la majeur du salzbourgeois.
22:10 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bartok, Mozart, classique, Orchestre de Paris, Pleyel






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