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25 mars 2007

De Rome à Berlin

Les hasards du calendrier font plutôt bien les choses. Quel beau parcours en effet qui nous conduit aujourd'hui à pouvoir célébrer les cinquante ans du traité fondateur signé dans la ville éternelle dans une ville réunifiée, hier symbole des divisions du continent. Des Six aux Vingt-Sept, de l'Europe carolingienne à la Nouvelle Europe, la plus belle réussite de notre Union est sans doute à chercher de ce côté. Certes, le rôle de la CEE dans la chute des dictatures au Sud et à l'Est n'aura pas été primordial. Instrument plus économique que politique par la force des choses (elle est née de la nécessité de surmonter l'échec de la CED en 1954), elle aura en revanche formidablement réussi dans l'encouragement et l'accompagnement des transitions démocratiques et économiques. Une certaine idée de la générosité et de la solidarité, dont on peut raisonnablement être fier quand on voit l'état de l'Irlande ou de l'Espagne aujourd'hui.
 
L'Europe communautaire, c'est aussi une méthode "origéniale" qui aura permis d'imposer un droit élaboré en commun pour régler des questions hier sujettes aux rapports de forces diplomatiques et militaires. Une méthode qui aura également peu à peu instauré l'idée que le travail en commun, l'échange de bons procédés, ou le regard au-delà des frontières pouvaient être bénéfiques à la conduite des affaires publiques. Une méthode, enfin, qui aura peu à peu instauré l'idée que les relations entre Etats n'étaient pas qu'affaire d'institutions nationales, mais que les citoyens avaient également un rôle à jouer, et que l'on ne pouvait construire l'Europe qu'en permettant échanges et contacts entre eux. De l'élection du Parlement au suffrage universel aux échanges Erasmus, une nouvelle idée de la politique a commencé à germer.
 
Mais l'Europe, c'est aussi un immense trou noir. Non pas les problèmes liés aux réformes institutionnelles, non pas le caractère parfois trop indirect de l'action citoyenne sur les décisions prises à Bruxelles, non pas le libéralisme économique parfois appliqué de manière trop idéologique. Sur toutes ces questions, des efforts sont et seront à faire, mais ce n'est là que la poursuite d'une histoire qui, depuis le début des années 50, a toujours été celle de "l'Europe difficile", pour reprendre l'expression de Bino Olivi. Le véritable échec de l'Europe, c'est la Yougoslavie. Pas d'accord de bon voisinage comme ailleurs à l'Est après la chute du Mur. Pire, l'horreur redevenue actualité, présent opprésant, sans réaction ni forte, ni rapide de la part de "l'Europe". De notre part. Un laissez faire bien pire que tous les libéralismes économiques tant décriés il y a deux ans.
 
Pour toutes ces raisons : Joyeux anniversaire, l'Europe ! Et rendez-vous à Sarajevo pour un prochain anniversaire.

22:40 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ue

Commentaires

Merci pour cette note qui élargit le regard.
L'ex-Yougoslavie, c'est tout près en effet, c'est chez nous, l'Europe.
Votre note me fait repenser au film Sarajevo mon amour, sorti à l'automne. Oui : rendez-vous à Sarajevo.

Écrit par : Charles | 26 mars 2007

Bravo pour ce billet. Pourquoi est-ce que les défenseurs du concept d'union européenne ont toujours l'impression de se battre contre du vent?

Écrit par : david-david | 27 mars 2007

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